Les plantes sont plus intelligentes qu’on ne l’imagine – Par le Dr Mercola – Traduit par Hélios

flower-624974_640Encore un article sur les plantes… direz-vous. Oui, mais sans elles nous ne serions pas en vie. Elles nous apportent de l’oxygène, de la nourriture, elles peuvent nous guérir et dernière chose et non des moindres, elles embellissent notre environnement. Ces êtres vivants ont leur propre intelligence et sont aussi créatives que les humains et les animaux pour survivre et s’adapter.

Dans cet article, les jardiniers apprendront aussi pourquoi le bêchage est tout à fait déconseillé.

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Les plantes ne sont pas de simples figurantes de l’environnement qui passent leur temps à se dorer au soleil et à mener une existence passive. Elles communiquent en réalité activement et développent des relations complexes avec leur environnement.

Les plantes communiquent non seulement entre elles, mais elles s’organisent aussi pour se protéger des prédateurs. Environ 200 espèces de plantes fabriquent par exemple une substance gluante qui va attirer du sable ou de la terre sur elles.

« L’armure de sable » qui en résulte, créée par le processus appelé psammophorie, a fait l’objet de nombreuses théories. Certains chercheurs ont suggéré que les plantes se couvrent de sable comme une sorte de camouflage ou une protection supplémentaire pendant les tempêtes de sable.

D’autres ont proposé que cela pourrait retenir l’eau ou protéger des rayons. Une nouvelle recherche publiée sur Écologie a cependant révélé ce qui serait le vrai but sous-jacent, c’est à dire dissuader les prédateurs de mordre dedans.

Les plantes se font une « armure de sable » pour ne pas être mangées

Des chercheurs de l’université de Californie ont étudié deux plantes différentes qui se recouvrent de sable : la verveine des sables et la navarretia. Lors d’une expérience, on a ôté le sable de verveines poussant dans la nature puis réalisé un suivi des dommages subis par les prédateurs.


Du sable a aussi été ajouté sur des navarretia en comparant avec celles qui n’en avaient pas. Les résultats ont été tout à fait révélateurs. Les verveines sans sable avaient subi deux fois plus de dégâts des herbivores que celles avec du sable.

Les navarettia couvertes de sable ont largement échappé à la prédation ; une seule sur 19 a été mangée comparé aux 8 sur 18 qui n’avaient pas de sable. Les chercheurs ont voulu ensuite découvrir si le camouflage par le sable pouvait faire une différence.

Ils ont donc recouvert quelques plantes de sable vert, qui leur permettrait de se fondre davantage dans l’environnement que le sable beige ordinaire. Aucune différence n’a été remarquée quelle que soit la teinte du sable, ce qui suggère que le rôle de la psammophorie n’est pas de se camoufler mais de dissuader les prédateurs.

La musique et l’énergie de guérison influent sur la manière dont poussent les plantes

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S’il subsistait un doute sur le fait que la nature joue une part active dans son environnement, considérez la fascinante recherche montrant que la musique et le bruit influencent tous deux la croissance des plantes. Comme l’explique le Journal de Médecine Alternative et Complémentaire :

« Les plantes sont des organismes multicellulaires complexes qu’on considère aussi sensibles que les humains pour tester de nouvelles thérapies. Le son est connu pour affecter la croissance des plantes. On traite parfois les graines aux ultrasons pour aider à démarrer le processus de germination…

Les feuillages plantés le long des autoroutes pour réduire la pollution sonore croissent souvent différemment des feuillages plantés dans un environnement paisible… la vibration sonore peut stimuler une graine ou une plante. »

Lors d’une série de cinq expériences où l’on a fait germer des graines d’okra et de courgettes dans des caissons étanches isothermes, les chercheurs ont mesuré les effets biologiques de la musique, du bruit et de l’énergie de guérison sur la croissance des graines.

Ils ont comparé les graines témoins non traitées avec les graines exposées à de la musique, à un « bruit rose » et à une énergie de guérison. Les graines exposées à de la musique et celles exposées à une énergie de guérison ont germé plus vite que les graines témoins ou celles exposées au bruit. Selon l’étude :

« Ce groupe d’expériences indique que la musique et l’énergie de guérison employés dans cette étude avait des effets reproductibles et significatifs sur la germination de deux types différents de graines comparés aux graines témoins.

Les différences dans le taux de germination entre les différentes conditions ne peut s’expliquer par la température, la position des godets, la position du caisson ou les personnes qui s’occupent des graines ».

Les plantes se préviennent entre elles des attaques de parasites

Les plantes communiquent entre elles. Quand une plante se retrouve infestée de parasites comme des pucerons, elle avertit ses voisines de l’attaque grâce au réseau mycorhizien [collaboration entre un champignon et les racines d’une plante].

Ces champignons forment une relation symbiotique avec la plante, ils colonisent les racines et envoient des filaments extrêmement fins loin dans le sol, qui vont agir comme une extension des racines.

Ces réseaux de filaments ne servent pas uniquement d’avertisseurs pour les envahisseurs, ils se montrent plus efficaces pour la nutrition et l’absorption d’eau que les racines elles-mêmes de la plante.

Dans une recherche publiée dans Ecology Letters, on a découvert que les mycorhizes agissent comme un « intermédiaire de signalisation entre plantes, qui agit comme le premier système avertisseur d’une attaque par des herbivores ».

Encore plus étonnant, l’avertissement entraine des changements systémiques, poussant la plante à augmenter sa production de substances chimiques volatiles qui repoussent les pucerons tout en attirant les coccinelles, les ennemis naturels des pucerons.

Sur des haricots où les chercheurs avaient enlevé le mycorhize qui les mettaient en contact, les plantes ont rapidement succombé à une infestation, on suppose qu’elles n’avaient pas reçu d’avertissement leur permettant de mettre en place leurs défenses.

Une autre étude de 2010 a détaillé la communication entre des tomates, en expliquant :

« Les réseaux mycorhiziens peuvent fonctionner comme les intermédiaires d’une communication souterraine de plante à plante grâce auxquels une résistance aux maladies et des signaux de défense peuvent être transférés entre plantes saines et leurs voisines infectées…

ce qui suggère que les plantes peuvent « espionner » les signaux défensifs de leurs voisines malades via le réseau mycorhizien et activer ainsi leurs défenses avant d’être elles-mêmes attaquées. »

Labourer le sol interfère avec le réseau de communication des plantes

Dans un dé à coudre de sol sain on peut trouver plusieurs kilomètres de filaments libérant tous de puissants enzymes qui aident à dissoudre les nutriments du sol, tels l’azote, le phosphore et le fer, qui travaillent en étroite collaboration.

C’est l’une des raisons majeures qui explique pourquoi retourner le sol nuit au jardinage ou à l’agriculture car cela détruit ces fragiles filaments fongiques. La dernière chose à faire pour le jardinier ou l’agriculteur est le bêchage ou le labourage.

Les mycorhizes ne sont pas les seuls organismes auxquels la chimie moderne et les technologies agricoles lourdes font du tort. La santé du sol et de la plante dépend aussi de nombreux autres microbes et organismes vivant dans le sol. On y trouve des bactéries, des champignons, des protozoaires, des vers ronds microscopiques nommés nématodes et des vers de terre.

C’est la coopération entre ces microorganismes, le biome du sol, et les racines des plantes qui autorise en fin de compte la plante à absorber les nutriments du sol dans lequel elle pousse.

Les insectes et les « mauvaises herbes » ont aussi leur place. Ils n’accèdent au statut de « parasite » que lorsque l’équilibre est rompu de sorte qu’ils peuvent prendre le dessus. Les insectes ont par ailleurs un rôle important en tant que « collecteurs de déchets ».

Grâce à leur système digestif spécialisé, ils enlèvent ce qui ne leur convient pas comme aliment – des choses qu’ils ne peuvent digérer. Dès qu’on met tous ces points bout à bout, on commence à comprendre la profonde intelligence de la nature, qui s’efforce toujours de maintenir un sain équilibre.

« Entendre » mâcher un prédateur incite les plantes à organiser une défense

Si tout ce qui précède ne suffit pas, lisez ce qui suit. Les plantes « entendent » les vibrations d’une feuille causées par un insecte qui la grignote et elles libèrent à cet effet un supplément de défenses chimiques pour se protéger. Chose intéressante, bon nombre de ces défenses chimiques, comme les glucosinolates, sont bénéfiques à la santé de l’être humain.

Les plantes sont également capables d’établir une discrimination entre les vibrations induites par un insecte qui mâche et celles causées par le vent ou le bruit des insectes. Une recherche suggère que de petites attaques de parasites peuvent jouer un rôle important en encourageant la plante à produire des niveaux élevés d’importants nutriments (pour les humains) ! Dans un communiqué de presse, l’un des chercheurs a déclaré :

« Les chenilles réagissent à cette défense chimique en s’éloignant, et si on utilise des vibrations pour améliorer les défenses de la plante, ce pourrait être utile en agriculture… cette recherche ouvre aussi de nouveaux horizons sur le comportement des plantes en montrant qu’elles répondent à des influences extérieures de la même façon que les animaux, même si ces réponses semblent différentes. »

Les plantes répondent au toucher

Quand un animal fait face à un danger, il s’éloignera en général vers un endroit moins menaçant. Les plantes, étant non-mobiles, n’ont pas cette option et elles ont donc développé des mécanismes sensitifs hautement complexes pour répondre à leur environnement, comme le sens du toucher (celui provoqué par les humains, le vent et d’autres forces).

Selon le Journal de Botanique Expérimentale :

« Comme exemples de problèmes en rapport avec une force mécanique on trouve le vent, des barrières matérielles et les prédateurs. Les plantes doivent au départ capter ces stimuli et lancer ensuite des réponses appropriées, soit en évitant les obstacles, en s’accrochant à des supports, ou produire des composés toxiques pour se défendre des prédateurs herbivores ».

En réponse à des stimuli externes, la plante peut par exemple réorienter la direction de ses racines se retrouvant au contact d’une barrière. De telles observations sont fascinantes et continuent d’alimenter un intrigant domaine de recherche. »

Les plantes produisent des hormones quand on les touche

On sait par exemple maintenant que certaines plantes ralentissent leur pousse et deviennent moins grandes quand elles sont touchées plusieurs fois par jour. Cela provient d’une hormone qui protège aussi la plante des infections et dont la sécrétion augmente en cas de contact. Il a été expliqué :

« Quand les taux de jasmonate [une phytohormone] augmentent, la plante accroit sa production de métabolites qui irritent l’estomac des herbivores. La défense par le jasmonate, qui protège également des infections fongiques, est employée virtuellement par toutes les plantes, les tomates, le riz et le maïs notamment. Une étude fournit la première preuve que ces défenses sont déclenchées quand les plantes sont touchées.

Lors de cette étude, des étudiants ont touché les plantes d’un laboratoire, mais les chercheurs disent que la réponse en réaction au toucher pourrait aussi être activée par des animaux, comme les insectes, et le vent. »

Les plantes peuvent fournir une aide intelligente pour notre santé

La plupart des médications synthétiques sont basées sur des composés végétaux. Les scientifiques ne peuvent créer ces substances mais ils doivent tenter d’en faire une copie. Mais on retrouve souvent dans leurs modèles synthétiques des composés que notre corps ne reconnaît pas et ne sait pas gérer. 

Comme l’a expliqué le Dr Martha Herbert, professeur assistant de neurologie :

« Vous visez une substance chimique précise et vous déployez beaucoup d’efforts et vous vous attendez à ce que l’organisme ait la réponse voulue, mais vous obtenez en fait tous ces autres effets… que nous appelons effets secondaires. Ce ne sont pas des effets secondaires, ce sont des effets, juste ceux que vous ne désiriez pas. »

Une plante se compose cependant de milliers de biomolécules, dont une grande partie exerce un effet de contrebalancement, s’il y a donc un composé actif qui risque d’être toxique, il contiendra habituellement un autre composé qui va contrebalancer ses effets pour qu’il ne nuise pas à votre foie, par exemple.

C’est l’interaction de substances chimiques qui régit le fonctionnement de la plante, voilà pourquoi on ne peut étudier la phytothérapie en isolant un certain élément ; il faut étudier la plante entière. C’est là où la médecine conventionnelle échoue largement. 
 
Bien sûr, l’ultime « médecine par les plantes » est la nourriture que vous consommez chaque jour. Les légumes verts à feuilles, les aromates et les épices sont d’excellentes sources d’antioxydants, de substances anti-inflammatoires et anti-cancéreuses qui peuvent influencer votre santé de manière spectaculaire. Christopher Hobbs, phytothérapeute, l’a fort bien dit : « La vraie médecine se cache dans le rayon des fruits et légumes ». 
 
La science moderne va découvrir des cellules, des molécules et des atomes, mais elle ne peut expliquer parfaitement les pouvoirs guérisseurs des plantes ou la complexité de la vie. Il suffit de regarder les étonnantes images en accéléré de la germination de graines et de l’épanouissement des fleurs de la vidéo ci-dessous pour se rendre compte que les plantes sont clairement bien plus complexes, captivantes et intelligentes que généralement accordé.

Merci à Hélios pour cet article formidable et édifiant!

Je travaille progressivement à la réparation de TOUS les articles sans pouvoir assurer que demain, ils ne connaîtront pas d'autres avaries...
Sans relation mais parfois intéressant 🙂

3 commentaires

  1. La nature est magnifique! On a encore tellement à apprendre d’elle.
    J’essaye de comprendre mes plantes du potager mais c’est très compliqué. Ma tomate reste toute petite, elle ne veut pas grandir…

  2. Daniel DURET

    Je suis pépiniériste et ai constaté que dans un carré de jeunes plants en godets, des framboisiers spécialement, lorsque qu’une plante meurt et laisse son pot vide, celui ci est envahi par la racine d’une seule voisine. Jamais plusieurs en même temps. Y a-t-il des priorités ? Une concertation ? La première ?
    En tout cas chacun conserve son pré (pot) carré. Aucune dispute n’a été constatée.

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